Laurent Good

Chaque génie a sa part de mystère. Une partie insondable, insaisissable, absconse, un jardin secret d’où il puise son inspiration, ses élans créatifs, son énergie vitale. Ce qui meut Laurent, c’est sans doute sa fascination sans limites pour la majestuosité des arbres, la fine nervure des fleurs, la profondeur complexe des verts… C’est peut-être aussi son anthropophobie, cette peur de l’autre qui le rend si anxieux en société.

Afin d’explorer librement sa fascination pour la Nature et calmer ses angoisses existentielles, Laurent s’est créé un monde. Ou plutôt, un refuge. Celui de la peinture. Il démarre son apprentissage très jeune alors qu’il vit en bordure des Landes de Gascogne, en Aquitaine, au sein d’une famille férue d’art et elle-même très proche de la Nature. Il passe quelques concours artistiques avec succès, on lui reconnaît un talent inhabituel. Puis, il abandonne pendant un temps pour tenter une vie « normale » en entamant des études de Sciences-Politiques en Belgique. Normalité qui le plonge dans un profond désespoir à 21 ans.

Encouragé par son entourage, Laurent réussit son concours pour rentrer dans une importante école d’art en Flandre, la Sint-Lukas. La première année, il voyage beaucoup, notamment à Madrid où il découvre deux techniques artisanales du Moyen-Âge qui s’avèrent majeures dans son éveil artistique. D’un côté, la tapisserie d’Aubusson, tentures de grandes tailles ayant longtemps embelli les murs de la Grande Aquitaine (sa région natale) et dont la tradition pluriséculaire est inscrite depuis 2009 sur la liste du Patrimoine Culturel de l’UNESCO. De l’autre, le mille-fleurs, motif caractérisé par un fond composé d’une multitude de petites plantes et de fleurs, très populaire dans l’art médiéval en Europe. Il décide toutefois de quitter prématurément cette école pour dédier sa vie à la peinture. Fort de cette intime conviction, l’artiste se met à peindre tous les jours, sans arrêt, pendant des mois, jusqu’à trouver son équilibre psychique et son identité artistique.

De ces deux influences majeurs, Laurent hérite d’un sens inouï du détail et d’un goût inaltérable pour le végétal. Il crée sa première véritable série artistique : des « Mille-fleurs » contemporains, hypnotiques qui révèlent toute la puissance gestuelle de son art. Il part d’abord d’un tableau vierge qu’il recouvre d’un fond de couleur monochrome ou de formes abstraites, à partir de pigments naturels qu’il invente à sa guise. Ensuite, il sature ce fond de détails floraux, qui tour à tour maintiennent ou écrasent la couleur.

Laurent reconnaît à cet égard puiser abondamment dans les planches de Pierre-Joseph Redouté – peintre et graveur belge du XIXème siècle – pour trouver les formes des fleurs et des plantes qu’il dessine. Enfin, il s’autorise, parfois, à peindre par-dessus ses mille-fleurs un mouvement calligraphique  long et serein.

Outre capturer le regard dans le dédale d’un geste minutieux, les œuvres de Laurent ont ceci de génial qu’elles trouvent leur pleine expression aux confis de deux époques opposées : l’ancestralité de leur technique et la contemporanéité de leurs formes.

La GALERIE CARACAS

Contactez Silvia au 06.69.24.96.49.